LA COMMUNICATION D’AVANT…
Lorsque tintinnabuler n’avait pas le même sens…
pas le même son…
… de cloche, évidemment ! le tintinnabulant plus ou moins discret des romains, au son
bien plus grave de Big Ben, « Que sont ces sons qui sont au diapason des sons dont ce
sonneur avait grand soin !… », ou en passant faire un tour en Chine ou ailleurs dans le
monde antique, les sons de cloches n’étaient point les mêmes, mais ils permettaient
parfaitement de communiquer, ce qui devait être urgent et bon de communiquer, appeler les
anges ou chasser les démons, bien avant l’invention sournoise du téléphone-ordinateur
portable qui communique de plus en plus n’importe quoi ! Même si tout cela est devenu
légendaire et transformé en toutes sortes de symboles, il existe toujours.
A l’époque l’on ne pouvait pas non plus se passer de l’art de la communication, pas
plus qu’aujourd’hui l’on pourrait se passer de tous ces nouveaux outils dépendant de la fée
électricité et des ondes spatiales et cosmiques.
Plus tard, dont le temps et les évènements qu’il fallait bien dompter également, ce fut
pour un pur élan de joie, pour un heureux évènement : naissance, baptême, mariage, dans les
églises ou les temples, pour une réjouissance ou un grand malheur, le son des cloches était
révélateur et compris de la population qui l’entendait de plus ou moins loin. Qu’ils soient dans
les champs en plein travail, lorsque l’angelus sonnait l’on se posait pour prier, comme en
témoigne la merveilleuse œuvre de Jean-François Millet « l’Angélus (années 1814/1875).
A l’époque où faire sonner les cloches se faisait, bien évidemment manuellement, tout
« carillonnage » avait un rythme et une intensité adaptés à l’évènement dont la population
connaissait parfaitement la signification sans se poser outre questions. Les gens…se posaient,
simplement, respectueusement. Ainsi, il y avait le tocsin pour les incendies, la grêle, le mois
de Marie en mai. Chaque évènement avait sa sonnerie différente : mariage, baptême, messes,
vêpres, grandes Fêtes religieuses. Puis en 1945, l’Armistice, puis la Libération.
Lorsque ces souvenirs, que je perçois comme un son, sont racontés par quelqu’un que
vous connaissez bien, c’est très émouvant. Il nous dit :
« De tradition ma famille était « sonneur de cloches » et j’en suis la sixième génération.
J’ai exercé cette « vocation » quand maman était fatiguée ou malade.. puisqu’elle m’avait
cédé les us et coutumes des sonneries au clocher du village.
Sa vie durant maman a sonné pendant soixante années, les rythmes de la vie du village…
C’était l’horloge pour les femmes, les hommes, les enfants et les animaux.
Angélus matin, midi et soir, 363 jours par an (sauf les 2 jours de la Pâque) sans arrêt et à
l’heure, les sonneries aux obsèques, hommes, soit femme, soit enfant »…
Toute la population vivait au rythme des sonneries, sans montre, sans pendule… des
champs aux entreprises et à l’école !... »
Notre-Dame-de-Paris se profile également dans les mémoires des gens de la littérature
historique : Victor Hugo (1482).
J’ai trouvé tout cela tellement émouvant, me rappelant le vieux clocher du village de
ma grand-mère, à Garigny dans le Cher, petit village qui n’a pas changé d’un iota. C’est rare
en France ! Et les cas rares, on les chouchoute du mieux possible , ou bien on les confond
avec le marbre des tombes du Père Lachaise ! pour avoir des étoiles dans les yeux et la tête !
Avec une marque de respect pour que les cloches de nos villages et de nos villes
sonnent encore, non seulement pour les offices religieux, car parfois, ce langage est compris,
écouté, même distraitement ou par curiosité, mais avec du respect. Sait-on jamais !...
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Jeanne VILLENEUVE,par tradition familiale a sonné les cloches du village de SAINT LYS prés de 60 ans durant.

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